ACTE II, SCENE V
MADAME I>£ FORFANVILLE.
Une enfant d'une physionomie morte, d'un maintien gauche, d'un esprit de travers.
FABRICE
Finissons , finissons , madame : telle qui en dit du mal voudrait lui ressembler.
MADAME DE FORFANVILLE.
Lui ressembler! D'après ce que m'a dit Jérôme... Mais je crois comprendre à mon tour. Monsieur e.-»t amoureux de la petite Bretonne.
FABRICE, appuyant.
Je suis amoureux de mademoiselle de Kei-salec, madame.
MADAME DE FORFANVILLE.
Et voilà le digne objet qui répond h vos vœux?
FABRICE
Quittez , madame , quittez ce ton de mépris qui ne sied à personne , et croyez qu'il faut avoir infiniment de mérite pour trouver des défauts à mademoiselle de Kersalec. Monsieur de Forfanville est plus indulgent que vous.
MADAME DE FORFANVILLE.
Je le sais, je le sais; le jardinier m'a dit deux mots en passant... Voilà pourquoi je le cherchais, le cher ingrat. On ne trompera pas une épouse outragée et clairvoyante. Je les observe; je ne les quitte plus.
F ABRICIi:.
Observez votre époux , madame : lui seul est capable de se manquer.
34o LE MARCHAND PROVENÇAL.
.WAnAMS DE FORFAKVfliLE.
Toujours quelque chose d'amer dans vos reparties. Petit mutin , écoutez - moi : malgré les rapports de monsieur de Forfanville, malgré son indignation contre vous, je vous garderai quelque temps chez moi; vous m'y serez utile.
FABRICE
C'est fort heureux.
MADAME DE FORFANVILLE.
En présence de mon inBdèle , nous continuerons la scène de tantôt ; et si vous soutenez la ruse avec un peu d'intelliçence , je vous accorderai ma protection.