‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 245 sur 365 · KER$AL£C · texte numérisé non relu

KER$AL£C

Quelque dissension domestique? Hem! plaît-il? Vous ne répondez rien? Je suis au fait. Mes amis, quand les agrémens de la jeunesse sont passés , il est difficile de vivre ensemble, et si l'on n'a pris de boïme heure l'habitude de s'estimer , il est presqu'impossible de se supporter plus tard ; mais il vaut mieux souffrir, avec patience, quelques disgrâces passagères; passer sur des caprices, sur des humeurs inséparables de la condition humaine, que de s'aigrir mutuellement, et, dans votre position, il est cruel de se haïr. Mais nous philosopherons dans un aytre moment. Parlons de ce qui presse le plus , une nièce à marier , et qu'il ne faut pas faire attendre, car tous les instans sont

36o LE MARCHAND PROVENÇAL.

précieux quand on aime. Dites- moi , Forfanville, quel homme est le prétendu?

FORFANVILLE.

Madame

MADAME DE FORFANVILLE.

Parlez , monsieur , nommez le vainqueur fortuné. Il serait injuste de vous ôter cette satisfaction , après l'intérêt que vous avez pris à cette affaire.

KERSALEG.

Hé bien , mon ami ?

FORFANVILLE.

C'est un petit marchand....

KERSALEC.

Avec de l'intelligence, de l'activité, le crédit que je lui procurerai , il étendra son commerce , et si d'ailleurs il convient à ma nièce

FORFANVILLE.

Vous ne m'entendez pas : celui-ci est riche , à ce qu'il dit, et

KERSALEC.

Ah! je vous demande pardon, mon ami: j'ai été trompé par une expression féodale. Défaites -vous, mon cher Forfanville , de ces ridicules qui ne tiennent pas contre une lueur de raison. Un homme d'honneur n'est jamais petit, dans quelqu'état que le sort l'ait placé.

FORFANVILLE.

C'est fort bien; mais cet homme manque de respect a certaines personnes....

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