ACTE II, SC£]NE XIII. 36i
KERSALEC.
Et ces personnes sont-elles certaines de s'être rendues respectables à ses yeux? Car, mon cher ami , les hommes ne nous jugent pas d'après l'opinion que nous avons de nous ; mais d'après ce que nous valons.
FORFAICVILLE.
Il est d'ailleurs présomptueux, arrogant....
MADAME DE FORFANVILLE.
( A part. ) C'est la vérité pure. ( HcuiL ) Il n'a pas un seul de ces défauts , monsieur , et c'est l'époux qui convient à mademoiselle.
MADEMOISELLE DE KERSALEC.
Ah ! VOUS avez bien raison, madame. C'est un cœur, une ame comme.... comme les vôtres, mon cher oncle. Je vous assure que monsieur Fabrice vous plaira au premier coup d'œil.
KERSALEC, cherchant.
Fabrice.... ce nom m'est connu. Quel est son genre de négoce ?
MADEMOISELLE DE KERSALEC.
L'épicerie.
KERSALEC.
Faisant le commerce des îles ?
MADEMOISELLE DE KERSALEC.
Oui , mon oncle.
KERSALEC.
Établi à Marseille ?
MADEMOISELLE DE KERSALEC.
Établi à Marseille.
KERSALEC.
Monsieur de Forfauville , vous avez jugé bien légèrement un des plus ^respectables négocians de France. Son commerce est considérable , son crédit ^ns bornes^ et sa probité intacte. Je voiis fais mon compliment, ma nièce.
FORFANVIXiLE.
Mais, c'est .<jue œ Fabrice
HADAJfff: ]>£ EORFANVUvL'E, bas.
Paix , monsieur.
KERSALEC.
Ce Fabrice est un homme auquel je souhaiterais que tout le monde ressemblât , mon ami* Mais comment le connaissez-vous?
MADEMOISELLE OE KERSALEC.
De l'argent que mon père a prêté au sien est le principe de sa fortune. Il a su mon état, et sans me connaître il est venu , guidé par la seule reconnaissance, m'ofFrir sa main et ce qu'il possède.
KERSALEC.
Il joint une belle ame aux qualités que je lui connaissais déjà? Ah! Forfanville! Forfan ville! Est-il ici?
MADEMOISELLE DE KERSALEC.
Oui , mon oncle.
KERSALEC.
Va me le chercher, mon enfant; que je le voie, (jue je l'embrasse.