ACTE I, SCÈNE IL
timens, mon mari va rentrer, vous êtes le maître de l'attendre.
( Elle va ft'aMeoir.) LA PLEUR.
( jt//>ar^. )Non , je n'en ai pas envie. {Haut. ) Mais, madame , monsieur Charles , avec son intelligence, son ton d'éducation , son affabilité , qui se font re*marquer de tout le monde... on le plaint, on dit qu'il n'e$t pas né pour être commissionnaire.
BAZILE, d'on toq pique.
Pourquoi donc cela, monsieur? Ne faut-i' pas (fuT s'fasse laquais?
LA FLEUR
{^A part) Voyez ce maraud ! ( Haut, ) Non , monsieur , il n'est pas fait pour cela.
BAZILE
Je le pensons d'méme. {Bas à Caroline.) L'âk du comte de Verneuil ?
CAROLINE, basàBaûIe.
Silence, au nom de Dieu!
LA FLEUR
Monsieur le comte de Préval a des vues sur lui ^ et sa protection le conduira bientôt à quelqu'en>ploi honnête et lucratif.
CAROLINE, se levant préoipitdmsient.
Quoi , vraiment , monsieur le comte s'occupe de nous? Il penserait... Ah! Charles....
LA FLEUR
(-^/wtr/.) Enfin, j'ai trouvé l'endroit sensible. {Haut.)
384 CHARLES ET CAROLmE.
N'en cloutez pas, madame, monsieur de Préval, ami intime du ministre, n'a qu'à parler pour obtenir. Le digne homme que mon maître! Combien de malheureux il a sauvés du désespoir ! Je vous l'ai dit , il n'attend pas qu'on le sollicite : ses secours vont au-devant de celui qui souffre. Il est riche, il est puissant, et il ne fait que du bien.
BAZILE
C'est un homme rare.
CAROLINE, avec réflexion.
Mais , dites-moi , monsieur , par quel hasard monsieur le comte nous a découverts ? comment il a formé le projet.... C'est que tout cela n'est pas clair.
LA FLEUR
C'est moi, madame, qui suis chargé des informations. C'est moi qui vais partout, qui vois tout, qui lui recommande les honnêtes gens à qui il peut être utile.
BAZILE, avançant une chaise.
Asseyez-vous, s'il vous plaît, monsieur. .
LA FLEUR
Je vous ai suivi les jours de repos ; j'ai épié vos démarches, vos actions. J'ai vu une famille respectable éviter les lieux publics , s'écarter de la foule , paraître se suffire à elle-même
BAZILE
Comme une antichambre vous donne d'I'esprit ! '
LA FLEUR
J*aî vu une femme jolie, avec des grâces modestes, un enjouement réservé... {^ A part, ) C'est monsieur le