‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 274 sur 365 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

mettent pas à l'aine qui les éprouve d en calculer la légitimité. Je suis vaincu, peut-être, par l'ascendant de la beauté , par les grâces de la jeunesse , par ce langage intéressant auquel on ne peut résister, mais j'aime à céder au charme qui m'entraîna. Puissé-je le faire partager à un père qui a déjà prononcé contre vous. Je connais son inflexibilité; mais j'espère qu'il ne sera pas sourd à la voix de la raison. Si elle ne sufEt pas pour le persuader, j'appellerai la nature à mon aide ; j'emprunterai ses expressions ; j'en aurai le noble et touchant enthousiasme. J'ai à plaider la cause de la vertu. Mon père la connaît ; il est sensible , et il ne me repoussera pas.

(Cbades se jette dans ses bras.)

Le ciel enfin nous envoie un ami. Qu'il nous conserve et nous protège. Je ne sais, mais j'aime à croire que je vous devrai mon bonheur et mon repos. Vous êtes l'unique appui d'une famille entière : au nom do Dieu, ne l'abandonnez pas. C'est un frère, c'est une nièce, c'est une femme infortunée, qui n'espèrent qu'en vous, qui attendent tout de vous, et dont vous ne tromperez pas l'espoir.

VERNEUIL

Non, madame non, ma sœur, votfe espoir ne

sera pas déçu. Je la mériterai cette ^nfiance dont vous m'honorez , et dont je me sens digne. Je vais trouver mon père, et faire passer dans son ame ce tendre intérêt, cette douce émotion dont vous m'avez

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pénétré , et qui vous feront toujours des amis de tous ceux qui pouiTont vous voir et vous entendre.

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