‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 280 sur 365 · ACTE II, SCENE VIL 4i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIL 4i

LE COMTE

Quel est ce garçon-là ?

CAROLINE

C'est un honnête homme , l'ami intime de Charles.

LE COMTE, finement.

Et peut-être un peu le vôtre ?

CAROLINE

J'aime tous les amis de mon époux.

LE COMTE

En ce cas , vous ne pouvez me refuser un peu d'amitié. Personne ne s'intéresse plus vivement que moi au sort de Charles; personne n'est plus disposé à lui donner des preuves de bonté et d'attachement.

CAROLINE

Ces preuves, monsieur, ont déjà été trop loin. Je ne sais comment nous avons pu mériter....

LE COMTE

La beauté a des droits aux hommages de tous les hommes , et la beauté souffrante est plus intéressante encore.

CAROLINE

J'ai l'honneur de vous prévenir , monsieur , que de tous les suffrages celui de Charles est le seul qui puisse me flatter. Je suis loin de me croire belle ; mais il me suiBt de le paraître à ses yeux. Quant à l'intérêt que vous me témoignez, j'ignore sur quoi il est fondé. Jamais je n'ai importuné de mes plaintes l'opulence ni la grandeur* Dans notre médiocrité, nous sommes même quelquefois utiles à nos semblables, et nous vous remercions de vos offres avec la modestie

4i4 CHARLES ET CAROLIKE.

qui convient à notre situation , et la noble fierté qui sied à l'indépendance.

BAZILE^ à Caroline.

Ferme, ça va ben. •

Yous m'étonnez , Caroline.

CAROLINE

Tant pis pour celles qui vous ont autorisé à douter des vertus les plus simples.

LE COMTE

Vous avez vu votre mari?

CAROLINE

Il me quitte à l'instant.

LE COMTE

Et il vous a fait la leçon ?

CAROLINE

Il est des choses , monsieur , sur lesquelles je n'ai besoin des avis de personne.

LE COMTE, à part.

Réponse à tout. ( Haut. ) Cependant vous avez consulté Charles....

CAROLINE

Et je le devais , monsieur. Une femme qui respecte son mari, qui s'estime elle-même....

LE COMTE

Oh ! grâce , s'il vous plaît , de ces maximes qui portent avec elles l'ennui et le dégoût. Voici le fait : je vous ai envoyé de l'argent , parce que j'ai présumé que vous en aviez besoin; je vous ai fait offrir ma protection, parce que je crois qu'elle peut vous être

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