ACTE II, SCENE VIII
LE COMTE
Madame , madame , il faut que j'aie autant d'amour pour supporter....
CHARLES, avec une colère concentrée.
C'est donc de l'amour que vous avez , monsieur ?
Oui, v'ià le" grand mot lâché.
CHARLES
Vous ne trouverez ici ni complices, ni victimes, je vous en avertis. Voilà votre or, monsieur. Ma femme, en l'acceptant, n'a prouvé que la simplicité de l'innocence. Je vous le rends, moi, avec connaissance de cause. Je vous fais grâce des reproches que mérite votre conduite , et s'il vous reste quelque délicatesse, vous me saurez gré de la mienne. Voilà la première fois que vous vous montrez dans un asile qui devrait vous être inconnu : j'ose espérer que ce sera la dernière, je vous en prie, et je me flatte que vous ne me refuserez pas la seule grâce que j'attends de vous.
BAZILE
Hé ben, queu qu' vous direz à ça?
Qu'on se trompe quelquefois sur les objets des grâces qu'on se plaît à répandre.
CHARLES
Dispensez-moi de parler plus clairemcat. L'explication ne serait pas à votre avantage.
4i8 CHARLES ET CAROLINE.
LE COMTE
Mais quelquefois aussi on a assez de crédit pour venger des outi*ages...
CHARLES
Je vous entends , monsieur. 11 faut opter entre Tinfaniie et votre haine : mon choix n'est pas douteux.
LE COMTE
Yous bravez tout, vous autres qui n'avez rien à perdre ; mais quand on est bien avec le ministre....
Et qu'on vous ressemble, c'est signe que la France est* bien gouvernée.
CHAULES.
Silence, Bazile, s'il vous plaît. Je respecte tous les dépositaires de l'autorité, et je les estime asse:^ pour croire qu'ils ne seront pas les instrumens d'une basse passion, et qu'ils ménageront l'homme honnête qui sait vous résister.
LE C03ITE
On saura rabattre ce petit orgueil.
CHARLES, très-vivement.
Je ne vous crains pas. Je suis votre égal par la naissance , et je suis au-dessus de vous par les sentiniens.
CAROLINE, d*un ton suppliant.
Mon ami !
BAZILE
Oui, morgue, c'est ben dit. L' fils du comte de j
Yernenil s' moque de vous et de vos pareils.