ACTE III, SCÈNE I
VERNEUIL père.
Son épouse, dites-vous? Une inconnue
VERNEUIL fils.
Ses parens sont honnêtes.
Sans fortune....
VERNEUIL m».
La vôtre est'cobsidérable.
VERNEUIL père.
Sans naissance.
VERNEUIL fils.
C'est un don du hasard.
VERNEUIL père.
Et peut-être sans éducation.
VERNEUIL fils.
Son langage , ses principes annoncent un esprit cultivé et un cœur pur.
VERNEUIL pèle.
Jeune insensé! Et quelle preuve vous en a-t-elle donné ? En est-ce une que d'avoir quitté sa patrie en fugitive ; que de s'être unie à votre frère contre les lois, et sans mon aveu?
VERNEUIL fils.
Elle était enfant alors , et ne prévoyait pas les suites funestes
VERNEUIL père. '
\ la bonne heure ; mais votre frère était un homme fait , et n'a agi qu'avec connaissance de cause.
VERNEUIL fils , Tivement.
Sa femme est donc innocente.
VERNBUIL père.
Ft quand elie le serait, qu'en résùlterait-il ?
VERITEUIL fis.
Que vous devez la plaindre et I9 s€>courir.
VERNEUIL père.
Oui, je la plains, n'en doutez pas: mon ressentiment ne me rend pas injuste. Si en effet elle n'a cédé qu'aux pressantes sollicitations de ^ofte frère, si $on extrême jeunesse lui a fait violer des bienséances que peut-être elle ne connaissait pas encore, oui , je m'intéresserai à son sort , et je l'adoucirai.
VERTfÊUIL ffls.
Et ce faible enfant....
VERNEUIL père , YÎvemeQt /.
Je ferai tout pour lui.
VERTfEUIL fUs.
Ah ! mon père , je ne désespère pas encore de vous voir ratifier un mariage....
VER NEU IL père.
Ratifier ce mariage ! Quel mot avez-vous osé proférer ?
VERNEUIL fih.
Qu'a-t-il donc de si révoltant, mon père?
VERJVEUIL père.
Je vous ai dévoilé mes principes; respectez-les, du moins, si vous ne voulez pas les adopter.
VER N EU IL fils.
Mon malheureux frère est donc perdu sans retour?
VERWEITIL père.
Sans retour? Non, monsieur: son sort dépend de lui.