ACTE III, SCENE III. /jug
BAZILEy à la cantODnade.
Allez, messieurs, retournez à vot' poste, et soyez pus polis une autrefois, avec l's honnêtes gens qui avont besoin de vous.
VERNEUIL père.
Que voulez-vous , mon ami ?
BAZTLE, saluant.
Monsieur.... Je m'appelle Bazile, honnête homme de profession, commissionnaire de mon métier, et Tami particulier de Charles Verneuil , que vous connaissez ben.
VERNEUIL père , douloarensement.
Vous êtes son ami. .. Ah! le malheureux!
BAZILE
C n'est pas mon amitié, monsieur, qui fait son malheur ; ben au contraire , et il vous en rendrait témoignage; c'est la colère, c'est l'abandon de son père, qui font son tourment. Mais il ne tient qu'à vous qu' tout ça finisse. Laissez-là vos orgueilleuses fariboles , morgue ! soyez père : nature va t'avant tout.
VERNEUIL père.
Mon ami , ces choses-là ne vous^regardent pas.
BAZI LE.
Eh! pourquoi ça, monsieur? Parce que je sommes pauvre , parce que je n'avons qu'un mauvais habit ? TT faut pas juger l'homme par sa couverture , c'est à l'usé qu'on connaît l' drap. I' a là-dessous un bon cœur qui sent vos chagrins, et qui veut y mettre eune définition. N' faut pas être d' qualité pour compatir aux peines de ses semblables.
43o CHARLES ET CAROLINE.
VER NEUIL père.
Mon ami , vous m étonnez.
BAZILE
Tant pis pour vous, monsieur. Vous êtes étonné d' voir que j'allons droit au but , que j' ne vous flagornons pas? Je venons hardiment, parce que j'sommes chargé d'une bonne cause ; j'avons confiance en vous, parce que vous portez uii air de bonté, et que Vot' cœur ne donnera pas Un démeiiti à vot' physionomie. Vous êtes nob' , vous êtes rithe , c'est ben fkit à vous ; mais tout ça n' m'embarlificote pas, je vous en avertis. Au bout d' tout, vous n'êtes qu'un homme, j'en sis un autre, et entre hommes on peut s' parler.
VERNE13 IL père.
Eh bien, mon ami, parloiis. Quel est donc ce service que vous comptez me rendre?
BAZJLLE.
Je venons vous «iilpêcher d' fiiire une sottise.
VERNtUlL pète.
Que dites- vous ?
B À Z I L £ , appuyant.
Je venons vous empêcher d' faire une sottise. Pourquoi voulez-vous désoler mon ami Charles, et poignarder sa Caroline?. C'est -y juste? c'est -y beau? D'ailleurs, monsieiu*, i' a un enfant, i' a un enfant.;...
V E R IV E U IX pcire , avec deatiment.
Hé , je le sais.
BAZILE
Vous r savez! J'aurions parié qu' vous n' vous en