‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 304 sur 365 · ACTE ITI, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE ITI, SCENE IX

VERNEUIL père.

Je n'en saurais douter.

JaE COMTE.

£n ce cas, mon ami, mes conseils vous sont inutiles.

VERNEUIL père.

Au contraire, Préval, il m'en faut de solides, de soutenus, si je veux me soustraire h la séduction.

Quoi ! vous avez été sur le point de céder à leurs sollicitations?

VERMEUIL père.

Oui , monsieur, et dans ce moment même je ne sais encore à quoi je vais me résoudre.

LE COMTE

A propos, on dit que Charles allait avoir un régiment , lorsque....

VERNEUIL père.

On le lui avait promis.

LE COMTE

Il y a déjà quelques années. Il serait près dépasser aux grades supérieurs. Plaisanterie à part, mon cher Verneuil , il serait fâcheux de laisser croupir ce jeune homme dans le genre de vie qu'il a adopté. Il est d'âge encore à réparer ses sottises, et vous conviendrez que lui pardonner celles qu'il s'est déjà permises, ce serait l'encourager à en faire de nouvelles.

VERWEUIL père.

C'est ce que je me suis dit cent fois.

LE COMTE

Mais cela ne suffit pas , mon bon ami. Il fallait agir et aller droit au but. Yotre«inaction , dans cette afl&ire , vous fait le plus grand tort dans le monde. Les gens sensés vous blâment; les indifférens vous raillent ; quelques-uns vous plaignent; mais il règne, dans tous ces propos, un ton amer qui ma souvent fait souffrir pour vous. Le ridicule dont on charge votre conduite m'affecte sensiblement. D'ailleurs ces sortes de mariages ne sont jamais heureux. Les 4ifHcultes irritent l'amour ; les persécutions le soutiennent ; mais n'a-t-il plus rien à craindre^ ou à désirer , le charme s'évanouit; l'épouse, parvenue à son but, cesse de se contraindre, et l'époux détrompé voit, avec douleur, son état et sa fortune sacrifiés à des chimères. Le dégoût arrive , l'humeur suit, et ceux qui croyaient s'adorer toute la vie, sont étonnés de ne pouvoir plus se supporter.

VERJPÎEUÏL père.

Vos principes sont les miens; mais cet enfant....

LE COMTE

Ohl pour l'enfaiît, je vous le recommande, mon ami; A faut faire quelque chose pour lui.

VERlPfEUIL père.

Cest bien moto intetitioH. Pauvre ^enfant , sous quels auspices es-tu né\

LTÎ COMTE.

En effet, tout cela est embarrassant; mais enfin quel parti prenez -vous?

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