‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 305 sur 365 · ACTE III, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IX

VERWEUIL père.

Je VOUS le demande. Vous êtes de sang-froid ; vous avez toute votre raison, et moi....

LE COMTE

Oui, je conçois qu'il vous faut nécessairement un guide qui....

VERITEUIL père.

Soyez-le , Préval. Prononcez sans feintfe , sans détour.

LE COMTE

Vous me le permettez ?

VERKEUIL père.

Je VOUS en prie.

LE COMTE

C'est que je crains de vous déplaire. D'ailleurs, ce que je vous ai déjà dit doit vous faire pressentir ce que j'ajouterais, si j'osais

VERNEUîL père.

J'entends , vous me conseillez d'employer l'autorité.

LE COMTE

Puisque vous voulez que je vous parle frandu*ment, vous ne pouvez vous en dispenser.

VERKEUIL père.

Je devais aller aujourd'hui chez mon procureur.

LE COifTE.

Pourquoi faire?

VERHEUfL pèrr.

Pour entamer ce malheureux procès.

LE COMTE

Vous n'y pensez pas« mon ami. Vous voulez eni-

ployer les voies juridiques , dont la lenteur laissera à votre fils les moyens de vous échapper encore? Il retournera d'où il vient, et ne craindra rien de vos poursuites. Et puis , il est majeur : son mariage cassé , qui l'empêchera d'en contracter un selon nos lois ?

VERIfEUIL père.

Je n'avais pas fait cette réflexion.

LE COMTE

Il faut absolument le séparer de cette femme.

VERNEUIL père.

Il n'y consentira jamais.

LE COMTE

Nous saurons l'y contraindre.

VERNEUIL père.

Et comment ?

LE COMTE

Un ordre du roi....

VERNEUIL père.

Faire enfermer mo^i fils !

LE COMTE

Je ne vois que ce moyen.

VERNEUIL père.

Ce moyen est affreux. Achever d'aigrir un jeune homme déjà trop violent; me fermer à jamais son cœur!.... Ah ! Préval! Préval !

Qu'on est faible , quand on est père !

VERNEUIL père.

Qu'on est dur, quand on ne l'est pas!

Page 1