ACTE III, SCÈNE IV
VERTTEUIL fils.
Il a parlé à mon père immédiatement après toi : il n'a pas eu le temps de demander cet ordre. ( A r exempt.) Celui dont vous êtes porteur est faux.
l'exempt.
, Il est bon. Le comte de Préval en a toujours à sa disposition.
VERNEUIL fils.
Ainsi donc il s^en sert pour masquer ses perfidies et ses scélératesses!... {A Vexempt.) Et vous, qui savez combien cet ordre est illégal , auriez-rous l'audace de l'exécuter?
l'exempt.
Ma liberté , ma fortune en dépendent.
VERWEUIL fils.
Si VOUS persistez, vous serez puni avec celui qui se permet tous les crimes , parce qu'il croit qu'une obscurité profonde les couvrira toujours. Je vais, je cours chez le ministre , je percerai jusqu'à lui , je lui découvrirai des attentats que sans doute il ignore ; il en frémira , s'il est vertueux : s'il ne l'est pas , je le forcerai de rendre à la vertu un hommage involontaire , en punissant des excès- qu'il aurait dû prévoir ou réprimer. Enfin , monsieur , vous allez être le' complice ou l'accusateur de Préval ; choisissez. Voyez d'un côté l'infamie et des châtimens, de l'autre l'estime publique et de justes récompenses. Le ministre ignore ce qui se passe , vous venez d'en faire l'aveu ; souvenez-vous-en , et débidez-vous.
l'exempt, à part.
Il est ferme.
BA.ZILE, à Texempt.
Monsieur , puisque je consentons à vous laisser vivre, laissez vivre l's autres. Vous ne connaissiez ni Charles, ni moi. Erreur n'est pas compte; mais, sans lui , vous m'emmeniez à sa place. Il en est temps encore ; je vous en prie, je vous en conjure, emmenez-moi. Si c'brave jeune homme n' tire pas son frère d'ià , hé ben ! morgue , j'resterons en prison pour li , et j'y mourrons , avant de trahir l'secret qui assurera sa liberté. Allons , monsieur , eune bonne action* Vous n'en avez .jamais fait, peut-être; mais il y a commencement à tout. Si vous saviez le bien qu'ça fait , une bonne action , vous ne balanceriez pas.
CHARLES
Mon ami , mon respectable ami , je n'y consentirai pas.
BAZILE
Tais-toi.... tais-toi.... N'faut à un homme comme moi que du pain : ça se trouve en prison comme ailleurs.
VERIVEUIL fils.
Laissez faire ce digne homme ; sa .détention ne peut être de longue durée. Je déclarerai tout , dès que tu seras en sûreté.