SCÈNE V
ROSËIDE , V ALERE , sous le nom de Finette.
ROSÉIDË.
Comment, à ta conduite à peine abandonnée,
Et je vois aussitôt changer ma destinée.
Sous ces arbres enfin je respire le frais ^
Et ce plaisir, Finette, est un de tes bienfaits.
Depuis qu'à mon époux je me vois asservie ,
Toi seule as plaint l'ennui dont je suis poursuivie.
Ton ame, je le vois, faite pour l-amitié,
Suit son tendre penchant autant que la pitié ,
Et mon cœur, que déjà flétrissait la tristesse.
Avec toi se ranime et s'ouvre à la tendresse.
Un sentiment plus doux y succède à mes pleurs.
Tu souffres, m'as-tu dit? confondons nos douleurs.
Et, libres toutes deux, au sein de l'esclavage.
Nous coulerons enfin des jours exempts d'orage.
VA.LÈRE
Et j'étais destinée à vous persécuter!
Entre Nicandre et vous je pourrais hésiter ! Non, croyez les sermens de ma bouche timide : Je jure, entre vos mains, charmante Roséide, De servir , d'honorer , d'adorer la beauté ; De n'employer jamais ma faible autorité Qu'à conduire au bonheur une femme chérie ; Qu'à repousser les traits qu'en vain la barbarie A mis entre les mains d'un inflexible époux. Celle que vous aimez saura veiller sur vous. D'un tyran trop cruel j'arrêterai la rage, Votre repos m'est cher; il sera mon ouvrage. Et cet homme odieux, en voyant tant d'appas, Peut-il...
KOSEinE.
Plains mon époux, et ne l'outrage pas.