SCENE XIL 5i
n'ont pas, il est payé de retour: n'est-il pas vrai?
Je suis muette.
DUMONT
Réponds, Marton; Auguste est aimé?
MARTON
Je suis muette, te dis-je.
Qui ne dit rien, consent: prends-y garde.
MARTON, avec force.
Hé, non, non, non; Hortense he l'aime pas.
DUMGNT.
Tu me le dis d'un ton qui me persuade le contraire.
MARTGN.
Que le diable t'emporte !
DUMGNT.
Que le ciel te le rende! .
MARTGN.
Dumont, jasons d'amitié, et laissons-là l'esprit : depuis deux heures le mien ne m'a fait faire que des bévues. Que nous fassions bien ou mal , nos services sont pesés au poids du caprice. Aidon$<nous, au lieu de nous nuire.
DUMGNT.
Tope. Sois vraie, d'abord. Auguste aime ta maîtresse, et ta maîtresse aime Auguste.
MARTGN.
Hé, sans doute; mais....
DUMGNT.
Quoi, mais....
5i6 L'AMOUR ET LA RAISON.
MARTON
Quel usage veux-tu faire de cet aveu ?
DUMONT
Le rapporter à mon maître, qui n'a pas de caprices, et qui pèse mes services au poids dé la raison.
MABTON.
Ah ! fripon , double fripon !
DU M ONT, la contrefaisant.
II vaut mieux quitter la partie que de la perdre.
MARTON
Dumont , mon ami Dumoiït , je t'en prie, je t'en supplie!
DUMONT
Tu verras que mon maître et moi ne sommes pas si sots.
MARTON
Mon cher petit Dumont!
DUMONT
Je suis inexorable.
MARTON
Me voilà renvoyée indubitablement.
Non pas, non. Monsieur Mondor saura prudemment concilier ses intérêts et les tiens. Vous conserverez, lui, sa liberté; toi, ta condition; il le faut, je le veux, et je viens de te donner un échantillon de mon savoir-faire, qui doit te convaincre de ma capacité.