AUGUSTE, MARTON
AUGUSTE, accourant , hprs de lui.
Marton, ma chère Marton, tu me vois au désespoir. Je suis abandonné, haï, assassiné.
MARTON, à part.
Alî! voilà mon vengeur. (Haut,) Qu'avez -vousdonc, monsieur?
AUGUSTE
Je me suis jeté aux genoux d'Hortense, j'ai supplié , j'ai menacé, j'ai pleuré; elle ne veut rien entendre. Je vais la perdre, et il faut que je me t«Mse : elle me l'a ordonné.
MARTON
Elle vous l'a ordonné?
i8 L'AMOUR ET LA RAISON.
AUGUSTE
Mais d'une manière si pressante et si douce, que l'amour lui-même eût cédé à la séduction. J'étais à ses pieds; je ne suis pas éloquent, mais le langage du coeur a de la. véhémence, et je ne suivais que l'impulsion çlu ipien. Elle écoutait, et p^araissait émue. Bientôt elle 44^ox^'n^. la tête, en oubliant sa, main. Je la saisis,
je la \^^}i^ Ayeç quelle ardew je la baisais, cette
iî^:\iu !
MARTO]îf.
J(e. coiQnais cela. Après ?
AUGUSTE
Elle veut la retirer, j'ose lui résister, pour la première fois de ma vie; sa main me reste , et je la baise encore. Ses yeux- alors se tournent vers mbi : ils sont mouillés, maiâ( n'expriment pas de colère. Leur douceur m'enhardit Je l'embrasse Ah! Marton,
comme on embrasse ce qu'on adore et ce qu'on va perdre. Tout à coup elle s'échappe de mes bras, fuit à l'extrémité de l'appartement , et , prenant un arr sévère : Finissez, monsieur, me dit -elle; vous n'êtes plus un enfant, et ces libertés me déplaisent. Je me marie, respectez un lien sacré. Je réplique, elle insiste Je m'emporte Alors, Marton, alors cette
femme, oubliant son ertipu-e, descend à la prière, emploie à la fois et l'ascendant de la vertu , et le pouvoir magique de la bea'ûté. Sa colère avait excité la mienne ; sa douceur, sa bonté me laissent sans force. Je promets de ménager ïïôrtense, de respecter Mbndor. Ma promesse me coûtera mon f epoS , mon bon-