‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 355 sur 365 · SCENE XIV. 5i · texte numérisé non relu

SCENE XIV. 5i

heur, et peut-être ma vie; mais» je me serai immolé à ce que j'aime.

MARTON

Non, monsieur, on ne. meurt pas d'amour, et, à votre âge, on est heureux quand on veut l'être. Céder à une femme attendrie et suppliante!

AUGUSTE

Que pouvais-je faire?

M A R TON

Son bonheur.

AUGUSTE

Hé! comment?

MARTON

En la forçant à renoncer à un mariage dé raison , pour épouser Auguste qu'elle aime , quoiqu'elle veuille se le dissimuler.

AUGUSTE

Elle m'aime, dis-tu Elle m'aime

MARTON

Il faut être aussi modeste pour ne pas s'en apercevoir, et aussi enfant pour n'en pas profiter;

AUGUSTE

Marton , ma fidèle Marton , ma seule , mon unique amie, éclaire-moi, conseille-moi, conduis-moi. Tu me rends à la vie , en me rendant à l'espoir ; dis-moi , que dois-je faire pour

Déclarez tout à monsieur MQndor,peignez-lui votre amour , votre douleur ; laissez entrevoir que vous êtes payé du plus tendre retour.

5io L'AMOUR ET LA RAISON.

AUGUSTE

Hortense me désavouera.

* Que vous importe ? Mondor est vieux , il doit être jaloux. Qu'il renonce à Hortense, ce soir elle est à vous. D'ailleurs , vous ne ferez que confirmer à Mondor ce que son valet lui aura déjà dit, et ce que peut-être il n'aura pas voulu croire.

AUGUSTE

Quoi ! Dumont saurait....

MARTON

Oui , Dumont sait qu'on vous aime ; Mondor doit le soupçonner; moi, j'en suis assurée; ma maîtresse le sent; il n'y a que vous dans toute la maison qui ne vous en doutiez pas.

AUGUSTE

Mais, j'ai promis à ma belle cousine....

MARTON

Vous avez promis mais vaincu par les prières

d'Hortense , égaré par votre délicatesse , contenu par la crainte de lui déplaire

• -AUGUSTE

Oh! oui, oui, Marton, tout cela est bien vrai.

M/LRTON.

Hé bien , monsieur , tout acte qui n'est pas libre, parfaitement libre, ne saurait nous engager.

AUGUSTE, vivement.

Tu as raison , tu as raison.

MARTON

Ne dites rien de notre petit complot; restez ici, at-

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