SCENE XVII. 5i
AUGUSTE, vivement.
Je ne dis pas cela.
MONDOR
Elle a agréé ma recherche, l'instant de notre hymen est fixé ; c'est un sentiment de préférence qui la détermine. ( Ici Auguste fait un mouvement, ) Oui , monsieur, un sentiment de préférence, ce sont ses propres expressions. Je la crois , parce que je l'estime. Si elle vous eût aimé , peut-être eussé-je sacrifié mon amour.
AUGUSTE, très-vivement.
Vous l'eussiez sacrifié........ vous l'eussiez sacrifié
Ah ! monsieur.
MON DOR
Mais Hortense ne vous aime pas ; n'est-il pas vrai , elle ne vous aime pas? Prenez garde , monsieur, qu'un mot hasardé peut nuire à la réputation d'une femme estimable.
AUGUSTE
Hé, monsieur , que me demandez- vous ? Je vais vous dévoiler mon ame, vous y lirez comme moi. Qu'importe que je sois aimé d'Hortense, que vous importent ses sentimens secrets, puisque vous connaissez sa vertu? Mais, monsieur, c'est à la dernière extrémité que je vous implore. A votre âge, on surmonte l'amour; au mien, c'est un poison qui brûle, qui dévore. Vous avez toute votre raison, et la mienne n'est qu'à son aurore. Je voudrais vous aimer , je le désire, je le puis; ayez pitié de mes tourmens, et ne me forcez pas de vous haïr.
5u6 L'AMOUR ET LA RAISON.
MOSTDOR.
Monsieur, vous me dites-là des choses très-intéressantes, très-vivement senties , mais qui éludent ma question. Répondez net, s'il vous plaît. Si Hortense vous aime, si seulement elle vous a donné lieu de le croire, je vous la cède; elle m'a trompé, et je la méprise. Si au contraire
AUGUSTE, avec force.
Monsieur^ estimez ma cousine, et épousez-la.
MONDOR, à part.
C'est un honnête homme, et je suis content de lui.