SCÈNE X
NICANDRE, LÉ ANDRE, VALÈRE, cmmiforme.
VALÈRE
Votre épouse , aussi sage cpie belle , Me donne mon congé, je suis chassé par elle. Vous ne le croirez point, à peine je le crois; Mais le fait est constant : vous l'empqrtez sur moi.
WICAWDRE.
Me voilà donc certain de toute ma disgrâce.
VALÈRE
Je viens vous supplier de me remettre en grâce.
LEAl^DRE.
Valère, respectez....
VALÈRE
Mon cher oncle est ici !
J'en suis ravi. Pour moi vous parlerez aussi.
LJÉANDRE.
Monsieur , quittez ce tpn de pure étourderie. Un autre ordonnerait; mais moi je vous en prie.
Tout ce qu'il vous plaira. Je sais parler raison. Eh bien ! qu'est-ce, monsieur ? Traitez-moi sans façon. Allons. Quoi ! mon aspect vous glace jusqu'à l'ame 1 Là, là, remettez- vous. Soyez sûr que madame, Qui sait trop qu'un époux est un triste régal. S'en tient absolument à l'amour conjugal.
C'est heureux !
WICANDRE.
Je l'échappe , ô ciel !
VALÈRE
Elle m'abhorre , Et malgré sa rigueur , je sens que je l'adore. Je vous en fais l'aveu ; vous êtes bien vengé. Pour prix de mon amour, j'ai vécu mon congé* Vous riez, votre cœur jouit de ma défaite: Jouissez-^en , mopsieur, elle est, ma foi , complète.
NICANDRE
Quoi ! serait-il bien vrai ?...
VALÈRE
Très- vrai., sur mon honneur, Et quand je parle ainsi , je ne suis pas menteur. Car j'ai toujours eu soin de rendre très-notoire Ce que le sexe a fait en faveur de ma gloire. A l'honneur marital il n'est arrivé rien ; Mais ce n'est pas ma faute, et souvenez-vous bi«n De ce mot de quelqu'un qui connaissait la femme : C'est que monsieur jamais ne doit tenter madame.
. iriCASIDRlB.
Ah ! je suis trop heureux , je me rends , mon ami. Oui , mon amé n'est plus convaincue à demi. Mes yeux sont dessillés , et je vois la lumière. Daignez guider mes pas dans une autre carrière. Je rougis de mes torts , je veux les réparer ; Aux pieds de mon épouse allons le^ abjurer.
LÉAN DRE.
Ah ! je te reconnais et te rends mon estime.