ACTE 1, SCENE VI. i4i
MADAME DE LIMEUIL
Vous êtes séduisant, marquis; mais si je cède, Je prétends composer.
LE MARQUIS
Pourvu qu'on vous possède.
On sera trop heureux^ Voyons , expliquons-nous.
Madame de limeuil.
N'est41 pas des plaisirs moins dangereux, plus doux. Que ces amusemens créés par l'imposture? Tôt ou tard on revient à la bonne nature. Dans le fracas du monde on cherche la gaîté : Elle est ren&nt chéri de la simplicité.
I>£ MARQUIS^ îronîqbement.
Je le sens conmie vous , la nature lest sublitne , Et le premier des biens est notre propre estime. Oui , vous exercerez un pouvoir absolu , Et l'on ne joûra ipas , c'est un point résolu.
A ces conditions je serai de la fête.
LE MARQUIS
Et vous l'embellirez.
MADAME DE LIMEUIL
Vous êtes trop honnête..
Je ne joûrai cbnc plus. Il faut au moins compter. Quel temps me donnez- vous, marquis, pour m'acquitter?
LE MAÏIQUIS.
Vous pensez à cela! mais, vous êtes trop bonne. J'oblige, quand je peux; je ne gêne personne.
MADAME DE LIMEUIL
Il faut 'pottrtajit finir.
i4a LA JOUEUSE.
LE MARQUIS
Eh bien ! nous finirons.
MADAME DE LiMEUIL.
Mais je voudrais compter.
LE MARQUIS
Eh bien ! nous compterons.
MADAME DE LIMEUIL
Encore, que vous dois-je?
LE MARQUIS
Oh! finissez, de grâce.
Un tel empressement annonce une disgrâce. On ne compte jamais avec ses vrais amis. .
MADAME de' LIMEUIL.
C'est pourtant le, moyen d'être toujours unis.
LE MARQUIS
Oui , quand on veut fixer des âmes ordinaires.
Je n'ai jamais suivi les usages vulgaires.
J'ai ma façon de voir, et vous en conviendrez.
MADAME DE L 1 M E U I L , finement.
Pour mon repos, monsieur, vous me l'expliquerez.
LE MARQU IS
( A part. ) ( Haut. )
L'instant est presque sûr. Lisez donc dans mon ame. Le plus pur sentiment la soutient et l'enflamme. La raison le confirme , et mon attachement , Quelque force qu'il ait, croît à chaque moment.
MADAME DE LIMEUIL
C'est assez , brisons là.
LE MARQUIS
Vous rejetez l'hommage