ACTE I, SCENE VIII
Ta bonté me confond ; je veux la mériter , £n renonçant au monde.
DE LIMEUIL
Avant.de le quitter, N'as-tu besoin de rien ? Si j'en orois l'apparence...
MàDAME DE LIMBDIL.
Oui , tu peux ajouter à ma reconnaissance.
DE LIMEUIL
Ce n'est pas à présent qu'il faut dissimulei*. Tu dois...
MibDAME DE LIMEUIL.
Mais...
Je pairai.
MA.DAME DE LIMEUIL, k part.
Comment lui dévoiler..
DE LIMEUIL
Tu balances; pourquoi?
MADAME DE LIMEUIL
Monsieur...
DE LIMEUIL
Allons, courage.
MADAME DE LIMEUIL
Ah ! mon cœur est si plein !
DE LIMEUIL
Que ce cœur se soulage.
Si tu veux te soustraire à de nouveaux malheurs , Il faut à ton ami confesser tes erreurs.
MADABfk DE LIMEUIL.
La crainte me retient.
i5a * LA JOUEUSE.
Je me suis avancée , et ceta me désole.
DE LIMF.UIL.
Mais il doit s y trouver quelques honnêtes gens? '
MàDAME DE IslM^EVlu'
Oui ^ monsieur ^ et beaucoup .
Soyons donc indutg^ns.
On doit beaucoup, ma chère , au monde qu'on méprise; ^ On ne peut le changer^ et. le fuir est sottise : 11 faut le fréquenter avec précaution.
Un dédain Orop marqué n'est qu'affectation. Je ne suis pas du tout pour les partis extrêmes. Peut-être vos amis m'accuseraient eux-mêmes D'être trop exigeant , de contraindne vos goûts , Et leur nalignîté retomberait sur vous.
Votre société paraît dispendieuse ; Même^ à certains égards, je la crms dangereuse. Rompez, c'est mon avis, mais rompez par degrés: Vos motife et les miens doivent être ignorés. Il faut dans tous )e^ temps agir avec prudence. Ht dans un ami sûr mettre sa confiance.
MADAME DE LIMI^UIL.
Quoi j^ sérieusement. . .
DE LiMKtrirt.
Madame, vous irez.
MADAMB DE LIMEITIL.
Mais , je crains qu'on y joue.
DE LIMEUIL
Eh bien , vous y joûrez.
Il est un jeu permis pour une femme honnête ,