SCÈNE XVI
LE PÈRE THOMAS
Un petit aventurier, que je reçois, que je caresse...
SABORD
D'un ton plus bas, père Thomas, et pour cause,
LE PÈRE THOMASe
Et qui s'avise de faire l'amour à ma fille.
SABORD
Voyez le grand malheur.
LE PÈRE THOMAS
Ma Cécile est une fille comme on n'en trouve point , pas même à la ville.
SABORD
Vous allez voir qu'on la lui a moulée exprès.
LE PÈRE THOMAS
Cela vous est au fait du ménage, propre, économe, soumise à ses parens
SABORD
Que m'importe tout cela ?
LE PÈRE THOMAS
Une fille, enfin, qu'on ne jettera pas à la tête du premier venu.
SABORD
Qui diable vous la demande? Croyez -vous que je serai embarrassé, quand je voudrai établir mon petit Sarpejeu? Écrivez à l'Orient; informez-vous du capitaine Sabord : valeur sans tâche, probité intacte, Ahî ah!
LE PÈRE TROMAS.
Que m'importe tout cela ?
SABORD, montrant son sac.
Et jai ici de quoi trouver des beaux- pères qui vous vaudront bien, monsieur Thomas.
LE PÈRE THOMAS
Tant mieux pour vous , monsieur le capitaine.
SABORD
Et mon fils, avec sa jolie figure, tournera des têtes tant qu'il lui plaira. Hé ! hé I
LE PÈRE THOMAS
Oh! je dis, jolie figure.... Rien d'extraordinaire, pourtant.
Diable! vous êtes difficile. Votre Cécile ne le serait peut-être pas tant.
LE PÈRE THOMAS
Un étourdi...
SABORD
Cela va bien à un jeune homme.
LE PÈRE THOMAS
Jureur...
SABORD
c'est le ton d'un marin.
LE PÈRE THOMAS
Qui ne respecte rien, pas même son père.
SABORD
Mais, qui m'aime au fond. D'ailleurs, c'est mon