SCÈNE XVI. 175 affaire, monsieur Thomas : cela ne regarde personne
LE PÈRE THOMAS
Au reste, ce n'est pas de tout cela dont il s'agit. Ma fille est sage, mais elle a un cœur, et ce cœur-là pourrait déranger mes projets. Partez donc, je vous en prie , et partez promptement.
SABORD
On partira, monsieur Thomas, on partira. Que diable !
A la bonne heure. J'aime à vous voir raisonnable. Cela mettra fin à mes débats avec ma femme. Ne s'estelle pas engouée de votre M. Fulbert ?
SABORD
En vérité?
LE PÈRE THOMAS
Et elle disait....
SABORD
Que disait-elle, monsieur Thomas?
LE PÈRE THOMAS
Bah! des idées de femme, comme vous pouvez croire.
SABORD
Mais, encore?
LE PÈRE THOMAS
Si son père, disait -elle, était un homme commp un autre , on pourrait entrer en arrangement.
SABORD
Hé! qu'a-t-il donc de si extraordinaire, ce père?
LE PÈRE THOMAS
Mais, c'est un loup de mer, qui voudra mourir au pied de son grand mât.
Cela n'est pas décidé , monsieur Thomas.
LE PÈRE THOMA S
Cependant il a un capital honnête , dont il pourrait vivre heureux et tranquille.
SABORD
C'est vrai , au moins. Poursuivez.
LE PERE THOMAS
Mais, il ne sera pas content que son pauvre petit Fulbert n'ait un bras ou une jambe emporté.
SABORD
Quelle chienne d'idée a -t- elle donc du capitaine Sabord ?
LE PÈRE THOMAS
A^ous voyez bien que c'est une femme qui parle. Et elle ajoutait...
SABORD
Qu'ajoutait-elle , monsieur Thomas ?
LE PÈRE THOMAS
!Nous sommes propriétaires de cent bons arpens de terre, qui s'étendent jusqu'au bord de la mer. Nous en donnons un tiers à Lise, le second sera pour Cécile, et, si ce mariage se faisait.... C'est une femme qui parle.