‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 123 sur 441 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

r m' quitte, mon père.

BERTR A.ND.

Et tu n'cours pas après?

VALETfTIN.

J'ie rejoindrons sans courir.

BERTR AlYD.

Fallait faire feu.

VALENTIN

C'ioup-là n'craint pas la poudre.

BERTRAND

Oui, mais les balles?

VALENTIN

J'avons trop d'peur d'ii gâter la peau.

BERTRAND

Accoute , not' fieu , v'ià deux ou trois jours qu'tu veilles , et stapendant la vilaine bête m'escroque tantôt un bouc, tantôt un chevreau. J'allons, tandis qu j'y pensons, tendre c'piége sus ses traces; ça s'ra pus sûr, et tu dormiras.

( Il arrange le piège , et l'attache à un arbre avec une chaîne et un cadenas.

VALENTIN

Je n'dors pus, mon père; je n'dors pus.

BERTRAND

A l'affût, à la bonne heure; mais dans ton lit?

VALENTIN

Pas pus d'eune façon que d'I'autre. J'sommes comme enragé, voyez-vous.

XL i3

ig4 LES SABOTIERS.

BERTRAND

N'te fâche pas, garçon; t' l'auras, va, t' l'auras. Upère Gervais est i' levé ?

VALENTIW.

Je n'nous embarrassons ni d'Gervais, ni d'sa fille. Qu'i' soyont couchés ou d'bout , qu'euqu'ça nous fait à nous?

BERTRAND

C'est que j'ons à li parler d'eune affaire.

VALENTIN

Via sa hutte; frappez.

BERTRAND

Et d'eune affaire importante.

VALENTIN, avec intérêt.

Pour moi ?

BERTRAND

Non , pour moi.

Diable, qu'euqu'c'est donc que c't' affaire ?

BERTRAND

On n'conte pas ça aux enfans, entendez - vous, monsieux. Allez casser une croûte, et pousser un somme.

VALENTIN

J'nons ni faim ni sommeil.

BERTRAND

C'est égal; j'veux qu'tu dormes. J'sommes ton père, peut-êt !

SCENE V. 195

VALENTIN

Je n'dis pas qu'non, et maugré ça...

BERTRAND, levant la main.

Veux -tu t'aller coucher quand j't'en prions honnêtement.

(Valentin rentre avec humeur.)

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