‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 133 sur 441 · GERVAIS, FAUSTINE · texte numérisé non relu

GERVAIS, FAUSTINE

Me v'ià, mon père.

GERVAIS, avec une dignité comique.

Mamselle, accoutez ben c'que j'allons vous dire.

2o6 LES SABOTIERS.

Ous êtes gentillette ; c'est un grand malheur : Tdiable est toujours aux trousses d'une jolie fille. Ous êtes jeune ; ous taperez tête baissée dans l's embûches qui' vous tendra. Queuques-un de ses suppôts vous écartera du sentier d'I'honneur , et quand on s'en est eune fois fourvoyé, d'sa chienne d'vie on n'y remet les pieds, entendez- vous ?

FAUSTINE

Qu'eu qu'ous m'dites donc là, mon père?

GERVAIS

Laissez-nous finir, mamselle, et n'nous coupez pas la parole. J'vous faisons eune instruction paternelle ; tâchez d'en profiter. Je n'sommes qu'un pauvre sabotier ; j'n'avons rian à vous bâiller qu'not' bénédiction , et ça n'est pas restaurant ; mais ous avez torné la tête d'un gros bonnet d'I'ordre , qui veut faire d'vous la première sabotière du pays, et ça n'est pas à refuser.

F AUSTIWE.

Oh! j'ne refusons *rien , mon père. part») Tu me l'paieras, Valentin.

GERVAIS

V'ià eune fille ça , qui n'a pas d' volontés, qui n'court pas après les garçons.

FAUST IWE.

Les garçons ! j'ies déteste.

GERVAIS

Et t'as raison. C'sont d's engeoleux.

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