SCÈNE XIV. j
VALENTIN
Allons, Faustine, faut faire un coup d'atou ici. C'nigaud n'nous gêne pus. Grimpe sus eune futaille , sus des madriers, sus c'que tu pourras. Arrache la couverture ; j'en allons faire autant d'not' coté.
( Il rentre sa téte. )
FAUSTINE
Bien pensé. Allons , courage.
( On entend le bruit de la paille et des perches cassées. ) BRUNO.
Hé ben , ces petits sorciers - là n'allont - i' pas démolir la maison ? Ah , mon Dieu , i' cassont , i' brisont. . . Si j'pouvions arracher c'maudit peuplier, je Feux en bâillerions par la mine.
VALENTIN, criant en dedans.
Ça va, ça va.
FAUSTINE, criant en dedans.
Bon , tu m'aideras à finir.
VALENTIN, sortant la téte par la couverture.
J'ons fait not' trou.
FAUSTINE
V'ià qu'ça part.
VALENTIN, sautant à terre,
J'sommes dehors,
FAUSTINE, sortant la téte par la couverture.
M'iaisseras-tu en si biau chemin ?
VALENTIN
Je venons à ton aide. (// tire le verrou. ) Déniche d'plein pied.
iik LES SABOTIERS.
BRUNO
Les v'ià envolés.
VALENTIN
Gagnons vite le milieu de la forêt. J'passerons la nuit comme j'pourrons, et demain, au point du jour, j'irons chercher un marieux.
BRUNO
Oui, i' sera temps.
FAUSTINE
Mon cœur m'dit de te suivre ; ma conscience me l'défend , et c't'ella ne trompe jamais.
VALENTIN
Mon Dieu , mon Dieu ! Faustine , tes scrupules feront not' pardition à tous deux. Nos pères vont revenir; i' me remettront en prison, i' te prendront, i' t'entraîneront, i' t'épouseront, et queuque j'deviandrons? J' n'avons pus qu'un moment. Cruelle fille, peux-tu balancer?
( Faustine le regarde tendrement , et se jette dans ses bras. ) BRUNO.
V'ià la conscience qui s'apaise.
FAUSTINE, avec un soupir.
Partons, puisqu'il le faut.
VALENTIN
Ah! diable! j'oubliais... C'n'est pas tout d' s'en aller : l'troussiau de ma pauv' mère, et cent bons écus, qu'aile a eus en dot , m'appartenont de droit. J'vas chercher ça.
n( h rentre chez, Bertrand. )