FAUSTINE. VALENTIN
Ensemble.
Mon cher Bruno , je t'en conjure. Comment a-t-on l'ame aussi dure ? Par mes pleurs, laisse-toi fléchir. Mou cher Bruno, viens nous ouvrir.
Par prière ni par menace , Non , vous n'obtiendrez rien de moi.
Croyez-m'en , laissez la grimace :
Du plus fort recevez la loi.
VALENTIN, FAUSTINE. BRUNO
Ensemble.
Par prière , ni par menace, Par prière , ni par menace ,
Quoi ! nous n'obtiendrons rien de toil Non , vous n'obtiendrez rien de moi. Hélas ! quoiqu'on dise ou qu'on fasse. Croyez-m'en, laissez la grimace ; Le plus fort fait toujours la loi. Du plus fort recevez la loi.
VALENTIN, FAUSTINE
Mon dieu ! comment donc faire Dans un tel embarras ?
BRUNO
Vous résigner , vous taire.
VALENTIN, FAUSTINE
Je ne le pouvons pas.
( Ils frappent à grands coups chacun à sa porte. ) BRUNO.
Faudrait redoubler la garde ; Je n'pouvons être partout.
( Appelant au fond du théâtre, )
222 LES SABOTIERS
Bertrand... Gervaîs ! Je regarde, Et je n'voyons rian du tout.
^ l's allont prendre la fuite.
Bertrand ! Gervais !... Queu métier!
Pour les appeler pus vite , Grimpons sur ce peuplier.
( Il va à l'arbre au pied duquel est le piège. )
VALENTirf, à demi-voix.
Bienheureux piège !
Lacets chéris !
R R U N O , voulant monter à l'arbre. C'est pis qu'un siège !
( Il se prend par la jambe. )
Ah!
VALENTIN, s'écriant.
Le v'ià pris.
R R U ]N" O , s'agitant et criant.
C'est un supplice , eune rage.
Comment deviner un tel coup ?
On prévient le voisinage Quand on met un piège à loup.
VALENTIN, FAUSTINE
Oh ! la bonne aventure î Comme nous , t'y voilà.
RRUNO.
Mais , qu'eu chienne d'figure Qu'j 'allons donc faire là ?
VALENTIN, FAUSTINE. RRUNO.
Ensemble.
Dans les lacets de la grive Dans les lacets de la grive
Se prend ainsi le vautour. Se prend ainsi le vautour.
A qui mal veut , mal arrive. A qui mal veut , mal arrive.
T'as voulu ruser , balourd : Je n'sommes rian qu'un balourd.
Pour prix d'ton himeur rétive , Pour prix de mon himeur rétive ,
T'es prisonnier à ton tour. , J'sis prisonnier à mon tour.