SCÈNE XVllJ. 2i
Tiens, c't aut' qu'a tendu rpiége ! riez, riez; ous avez d'quoi.
BERTRAND
Allons , beau-père , opérez : la future cheux sa marraine.
G E R V A I s , appelant.
Faustine! Faustine!
BRUNO
Ah , ben oui , Faustine ! i' sont loin s'i couront toujours. Les moiniaux sont dénichés.
BERTRAND, stupéfait.
r sont partis!
GERVAIS
Et par où?
BRUNO
Par la couverture. La fille , Fgarçon , l'frousseau d'ia défunte, l's écus , tout est au diable.
BERTRAND
J'nous sentons suffoqué.
Riez, riez donc, père Bertrand,
BERTRAND
L'coquin! nous voler not' femme, nos hardes, nos espèces!
BRUNO
Ah! pour la femme, peut-êt' ben a-t~i' tort : pour i'argent et le trousseau, c'est eune autre affaire. V dit
LES SABOTIERS
qu c'était la dot d'sa mère, et ça l'i revient par droit d'successioiî.
BERTRAND
Courons après eux. Charchons, cliarchons partout.... nos hardes! nos espèces! .
GERVAIS
Un moment, voisin. Not' fille est sage; je n'crai- . gnons rian. Mais, c'que viant d'conter Bruno change diablement la face des affaires; c'est eune surprise qu'ous avez voulu m'faire.
BERTRAND
Beau -père!
GERVAIS
J'voulons l'bien d'not' enfant, et c'est naturel ; j'ons cédé à l'appas d'une grosse fortune, qui la mettait à son aise, et v'ià qu'au fait et au prendre tout s'en va en fumée, qu'tout est à vot' fîeu, et qu'un jour aurait fallu tout rendre. Et c'n'est pas là d'ia suparchérie, d'ia surprise ! fi ! c'est indeigne d'vot' part. Ous n'aurez pas not' fille. ,
J'avons t'i la barlue donc? Tenez , tenez, les voyezvous, mamselle Faustine pérorisant, Valentin s'dépitant, et la suivant bon gré, maugré ses dents? Les v'ià, les v'ià, not' bourgeois.
BERTRAND
Ah! tu vas me Y payer, p'tit engeoleux, p'tit escroqueux, p'tit...