‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 151 sur 441 · SCÈNE XIX. ■ BERTRAND, GERYAIS , BRUNO, VALENTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX. ■ BERTRAND, GERYAIS , BRUNO, VALENTIN

FAUSTINE, dans le fond.

VALENTI]Y

On n'résiste pas à c'quon aime: tu le veux, j'obéis ; mais , tu varras que j'nous en repentirons.

FAUSTIIN^E.

J'aurons fait not' devoir. ( Courant se jeter aux genoux de son père. ) J'vous ons offensé , mon père ; je revenons toujours tendre et soumise. Pardonnezmoi de m'êtr' défiée d'vot' cœur : i' nTera pas l'malheur du mian.

GERVAIS,, la relevant avec dignité.

C'est assez. Stila qui se repent a toujours droit au pardon : baise-moi, et n'pensons pus à rian.

V'ià un père, voisin Bertrand.

BERTRAND,, brusquement à son fils.

Hé ben ! tu n'me dis rian à moi ?

V A LE N TIN

C'est que j'crains...

BERTRAND

D'bian parler, et non d'mal faire.

23o LES SABOTIERS.

VALENTIW.

Mon père, je n'vous demandons qu'une grâce. Renonçons tous les deux à Faustine. Ne faisons pas Fmalheur l'un de l'autre. V'ià la dot d'ma mère : j'vous la rends , j'vous la donne à c'te seule conditionlà, aveuc p'us d' plaisir que je ne l'avions emportée.

GERVAIS

Voisin, v'ià eune conduite qui doit vous piquer d'honneur.

BERTRAND. '

Hé ben, morguéî j'nous piquons. Mariez-vous, pis qu'a n'veut pas d'moi. Si je ne l'aimons pas comme not' femme, j'I'aimerons comme not' fille, car j'sentons qui faut l'aimer d' queuque manière que ce soit.

( Il met le paquet sous son bras. ) GERVAIS.

Voisin, voisin, l'feu du moment vous donne des distractions. Pas d'dot, pas d'mariage.

Quoi, mon père! pour un peu d'argent...

BRUNO

J'sommes parfois de bon conseil : j'allons peut-êt' tout accorder. Que l's écus soyont dans c't armoireci, ou dans c't'elle-là, on n'y touchera pas pus d'un coté que d'I'autre , pis qu'chaque jour amène son pain. Not'bourgeois, laissez à Bertrand l'plaisir d'caresser ses espèces. Il est un peu fantas'; mais c'est un bon minager, et, après Fi , on trouvera l'magot p'utot enflé qu' fondu. C'est-i' dit comme ça?

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