VAUDEVILLE
BRUNO
Conservez bian votre chaussure , Fille sans finesse et sans art.
Pour vous ôter cette parure , Souvent on vous guête à l'écart.
Le coin d'un bois , l'herbe nouvelle , Un mouvement, le moindre mot, Un rian fait broncher une belle , Un rian l'i casse son sabot.
BERTRAND
Le temps de mon apprentissage Me revient saris cesse à l'esprit.
Fautes , plaisirs , sont le partage De cet âge où tout réussit.
Si quelquefois le maître gronde.
On lui laisse dire son mot.
Chausse-t-on la brune et la blonde Sans jamais casser un sabot ?
GERVAIS
Laissons de vaines doléances ; Avec gaîté sachons vieillir.
LES SABOTIERS
Chaque temps a ses jouissances :
Je jouis par le souvenir.
Ici tout séduit, mais tout passe.
Trop fortuné, tranchons le mot^ Qui pourrait encore, avec grâce, A cent ans, casser un sabot.
VALENTIJN".
Guidé par le feu de mon âge , Je vais travailler de grand coeur.
Peut-être aux efforts du courage Succédera quelque langueur.
Pour me ranimer , ma Faustine , Tu n'auras besoin que d'un mot.
Surtout ne me fais pas la mine Si parfois je casse un sabot.
FAUSTINE
Travaillons avec confiance; Qui s'occupe n'a pas d'humeur.
Je te promets de l'indulgence S'il t'arrivait quelque malheur.
Je dois, en épouse docile, M'interdire le moindre mot :
Il n'est pas d'ouvrier habile Qui ne casse enfin un sabot.
FIJV JDES SABOTIERS.
OU