‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 161 sur 441 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

URSULE, Dame CATHERINE.

CATHERINE

Que faites- vous là, grande inutile? Ces tables sontelles préparées ?

URSULE

Oui, ma mère.

CATHERINE

Les lits sont-ils couverts?

URSULE

Oui , ma mère.

N'y a-t-il plus d'ouvrage à la maison ?

URSULE

Non, ma mère.

CATHERINE

Une fille laborieuse trouve toujours à s'occuper, Faudra-t-il sans cesse vous répéter la même chose ?

URSULE

Mais, ma mère, quel plaisir prenez -vous à me rudoyer ?

CATHERINE

Vous rudoyer, mademoiselle, vous rudoyer! Ah! je vous rudoie, quand je vous prêche le soin , l'activité , l'amour du travail ; et ça s'avise d'aimer ! et ça pense à se mettre en ménage !

URSULE

C'est une pensée louable , ma mère , puisqu'elle vous vient comme à moi.

CATHERINE

Qu'est-ce à dire , s'il vous plaît ?

URSULE

Il me semble que vous aimez Chrysostôme?

CATHERINE

Non, mademoiselle, je ne l'aime pas; mais je l'épouse :j'ai besoin de lui.

URSULE, ingénument.

Il pourrait aussi m'être utile , ma mère.

CATHERINE

Jour de dieu! taisez-vous, ou je vous frotterai les oreilles. Mettez-vous à votre rouet; travaillez. Le travail chasse la tentation, et l'oisiveté est mère de tous les vices. ( Ursule se met a son rouet ^ en hou-

SCÈNE VIII. 247 dant.) Voilà la nuit, allumons cette lampe. {Elle allume la lampe pendue au plancher, ) Faisons un tour à la cuisine : s'il arrivait des voyageurs , il ne faut pas les faire attendre. ( A Ursule. ) Filez , filez donc. Eh bien ! filerez-vous ? hom !

(Elle sort.)

Page 1