RÉCITATIF
Sous un bosquet charmant,
Une fidèle amante
Attend son jeune amant ,
Incertaine et tremblante.
Le calme de la nuit,
La nature en silence,
Tout sert l'impatience
D'un cœur qu'amour conduit.
Près d'elle un vieux jaloux repose; Grand Dieu ! s'il âllait s'éveiller!
A chanter , cependant , la belle se dispose , L'usage le prescrit; peut-on le violer ?
Piano , piano , du moins on le suppose , Zuma chante ses feux , et craint d'articuler.
ARIETTE
O toi ! pour qui seul je respire ,
Amour , achève mon bonheur.
Mon cœur languit , mon cœur soupire ;
Et ma douleur,
Et mon ardeur,
Et ton délire.
Amour , sont déjà le bonheur.
L'espoir m'enflamme
D'un doux poison ;
Loin de mon ame
Fuit la raison.
Si l'on me blâme ,
Qu'au moins ta flamme...
( Pendant l'ariette , les autres voyageurs marquent leur impatience. )
PÈRE JEAN, interrompant .
Quel carrillon infernal faites-vous là ?
LAQUINTE.
C'est de la musique , révérend père.
J'ai cru entendre une batterie de canon.
SOEUR THÉRÈSE
Je me suis crue au sabbat.
LAQUINTE, enchanté.
Brava, brava! c'est cela : vous êtes connaisseurs.
SANS - CHAGRIN
Voilà le souper.