‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 195 sur 441 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

MA.DEMOISELLE RONDON, seule.

C'était bien la peine de quitter Bamberg, de traverser la Franconie, la Saxe, la Lusace, au risque d'être pris dix fois par des partis autrichiens , pour venir chercher ici le tapage infernal qui m'assourdissait là-bas! Des tambours toujours battans , le canon toujours ronflant, des soldats s'exerçant, jurant, buvant , se battant , ( se rengorgeant, ) et sans égards pour des femmes d'une certaine façon, voilà ce que nous trouverons en Siléjsie comme à Bamberg. A la vérité, le général Holbourg ne pouvait pas prévoir cela. A la vérité, madame Blumenthal ne pouvait mieux faire que de quitter une ville où tout lui rappelait sans cesse le meurtre de son fils, et les premiers malheurs de sa fille , trompée , séduite , abandonnée. Bon Dieu, bon Dieu ! que je me sais bon gré de n'avoir jamais écouté les hommes ! J'ai pourtant été jeune et jolie comme une autre; mais, je vous avais un cœur!... c'était du marbre, du bronze, de l'acier que ce cœur-là.

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