‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 202 sur 441 · SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL

Madame BLUMENTHAL, le général HOL- BOURG.

MADAME BLUMENTHAL

Me voilà donc sortie de cette ville qui m'a vu naître, et oîi je n'ai éprouvé que des malheurs. Mes enfans, mes chers enfans!... L'un est mort dans mes bras, l'autre est perdue sans retour. Qu'il est injuste

3oo LE MAJOR PALMER.

le préjugé qui flétrit l'innocence victime de Thomme vicieux! Quoi! dans un siècle éclairé, on ne frapperait pas d'anathème celui qui viole l'hospitalité, qui déchire le cœur d'une mère, qui séduit sa fille, qui tue son fils, et qui abandonne son enfant? Ah! mon cher Holbourg!

LE GÉNÉRAL

Celui que vous venez de peindre est dégradé dans l'opinion de tous les honnêtes gens. C'est sur lui seul que retombe la faute de votre fille. La simple, la respectable Amalie avait la douce sécurité de l'innocence. Sans doute elle a cru son amant vertueux.

MADAME BLUMENTHAL

Vous ne le connaissez pas. Hélas! si vous l'eussiez vu , il vous eût trompé comme elle. La vertu respirait dans ses traits ; sa bouche en semblait l'organe ; son cœur était pervers.

LE GÉNÉRAL

Cessez, ma bonne amie, devons rappeler ces tristes images.

MADAME BLUMENTHAL

Hé! dépend- il de moi de les éloigner? J'aime à nourrir ma douleur ; je me plais à l'exhaler dans le sein de l'amitié. Elle m'étoufferait si je voulais la concentrer... Ce Palmer , que lui avions-nous fait ? Vertu , talens, beauté, fortune, Amalie avait tout, et n'a pu lui inspirer des sentimens honnêtes... Il a dédaigné,

il a méprisé mon estime il s'est éloigné, après

in'avoir privée de mes enfans... Mes enfans!... mes enfans!...

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