ENFANS
PLUMPER.
Ah ! vous v'ià , mamselle Rondon. Présentez-nous , j'vous en prions.
MADEMOISELLE RONDON , à madame Blumenthal.
C'est votre jardinier, qui veut vous offrir un bouquet.
AMALIE.
Un bouquet ? voyons. {Elle prend le bouquet^ Tes fleurs ont de l'éclat, et j'en ai eu comme elles. Regarde-moi maintenant. Vois ces joues cavées, ces yeux éteints... Vois-tu?... Il ne me connaît plus.
MADAME BLUMENTHAL
Je vous remercie, jardinier.
PLUMPER, à part.
Jardinier ! me v'ià en place. {Haut.) Je v'nons , avec nos enfans , et les gens du village , vous dire , à vot' /. 20
3o6 LE MAJOR PALMER.
arrivée, tout uniment ce que j' pensons. Ous êtes bonne, je le sommes aussi; ous aimez l's honnêtes gens, nous de même. J'vous respecterons comme not' mère, ous nous aimerez comme vos enfans. [A mademoiselle Rondon.) C'est ça , pas vrai ?
MADEMOISELLE ROIVDON.
C'est fort bien , c'est fort bien.
PLUMPER.
J 'avons pourtant trouvé ça tout seul !
(Pendant ce qui précède et ce qui suit , Amalie a éparpillé le bouquet dans le berceau. Elle prend le plus petit des enfans , l'amène sur le devant de la scène , et arrange machinalement ses cheveux et ses vêtemens.)
MADAME BLUMEN^TH AL , aux paysans.
Mes amis, nos cœurs s'entendent. Je répondrai à vos sentimens.
PLUMPER.
Y a encore des couplets; ous les trouverez bons, et j'm'en vante !
HERMAGNE, à mademoiselle Rondon ,
Surtout si c'est lui qui les a faits.
PLUMPER.
Non , monsieur , non pas , s'il vous plaît. L'air est vieux, et les paroles itou; mais, i' paraissont faits exprès pour la circonstance.
AMALIE.
Enfant, tu es bien beau. As-tu un père?
PLUMPER.
Oui , madame , c'est not' dernier.