ACTE I, SCÈNE XII
A M A L I E , s'éloignant de l'enfant. *
Il a un père ! il a un père ! Ils en ont tous. Il n'y a que mon fils... Mon fils ! (Elle re^^ient à V enfant^ et V entraîne au berceau^ Vois-tu cet enfant? il n'a jamais vu son père... (^En pleurant,) Il ne connaîtra jamais son père... {^En sanglottant.) Ses petits bras ne s'ouvriront jamais pour caresser son père.
(Elle tombe sur le banc. On fait groupe autour d'elle.) MADEMOISELLE RONDON.
Chantez, chantez. Le chant la calmera.
PLUMPER.
Allons, Antoni; allons, Crettle.
COUPLETS
Les vents , la grêle et le tonnerre , Un jour ravagèrent nos champs.
A cet aspect , douleur amère Étreint les pauvres habitans.
Arrive , à la saison nouvelle , Jeune, accorte et tendre pucelle, Cherchant un asile céans :
Quel bonheur pour les bonnes gens !
TOUS
Arrive , à la saison nouvelle , Jeune, accorte, etc.
PLUMPER.
En voyant douleur tant amère , Son cœur sensible est déchiré.
Cœur sensible ne délibère , Alors qu'il est bien pénétré.
3o8 LE MAJOR PALMER.
» Elle était riche , elle était bonne : Et tôt , la gentille patronne Répare le malheur des temps , Et console les bonnes gens.
TOUS
Elle était riche , elle était bonne :
Et tôt , etc.
MADAME BLUMENTHAL
Fort bien , mon ami , fort bien.
PLUMPER.
Oh! madame, pour ce qui est de la mémoire, je n'en manquons pas.
MADEMOISELLE RONDON.
Je chanterai aussi mon couplet.
(Aux villageois et à madame Blumenthal.)
Des tristes jours de la misère , Loin de vous, fâcheux souvenir.
Tendres soins de cette autre mère, Mes enfans , vont la prévenir.
Bon cœur embellit la jeunesse ; Bon cœur fait aimer la vieillesse , Et l'on jouit dans tous les temps Du bien qu'on fait aux bonnes gens.
TOUS
Bon cœur embellit la jeunesse ; Bon cœur, etc.
Hé bien ! madame , qu'en dites-vous ?
MADAME BLUMEJf THAL , d'un air distrait.
Vive Rondon pour les impromptu. Donnez cinquante florins.
(Mademoiselle Rondon tire sa bourse.)