ACTE I, SCÈNE VU
des plaisirs qui ne coûteront rien à votre délicatesse , et qui, je crois, vous sont absolument nécessaires.
BEA UVAL FILS.
Hé! que verrai-je au Cap , qui ne blesse mes yeux, qui ne révolte mes sens , qui ne confirme des sentimens , malheureusement trop fondés ?
BEAUVAL PÈRE
Vous m'avez entendu , mon fils. Je vous ai dit que je le veux. Je reconnaîtrai votre soumission, en vous donnant les moyens de paraître convenablement. Voilà soixante portugaises ; ne les ménagez pas : je fournirai à vos besoins.
BEAUVAL FILS, plein de joie, et prenant la bourse.
J'irai au Cap , mon père, j'irai aujourd'hui même... Soixante portugaises ! quelle fortune ! quel usage j'en saurai faire !
BEAUVAL PÈRE
Je ne vous en demanderai pas de compte : je vous connais , cela me suffit. Mon ami , la jeunesse supporte difficilement la contradiction et les conseils. ( Lui prenant la main, ) Mais , si jamais tu es père, si tu as à guider la fougueuse inexpérience d'un fils, tu te rappelleras , tu apprécieras un ami solide , qui t'a consacré sa vie , et qui n'existe que de l'espoir d'assurer ta félicité.
(Il rentre chez lui, )