ACTE II, SCÈNE II
BEAUVAL FILS
Même avec vous, M. Mathieu.
MATHIEU
Oui, vous me gâtez aujourd'hui. ( Cherchant a le pénétrer.) La charmante ville, que le Gap!
BEAUVAL FILS
On y trouve tout à la minute.
MATHIEU
Mais qui y avez -vous donc trouvé qui vous ait fait jouir d'une façon si vive , si enchanteresse ?
BEA UVAL FILS.
Oh! malgré ma bonne humeur, je ne me sens pas disposé à vous faire de confidences. Je suis discret sur mes plaisirs.
MATHIEU
C'est vous priver d'une double jouissance.
BEAUVALFILS.
C'est plutôt vous en oter une.
M ATHIEU.
J'en conviens ; je suis naturellement curieux.
BEAUVAL FILS
Et , avec votre expérience , vous ne devinez pas ?
MATHIEU
Non. Mais, quoique vous en disiez, un jeune homme a toujours besoin d'un confident, et vous allez me mettre sur la voie.
BEA.UVAL FILS.
J'irai plus loin. Je vous conterai cela... dans quelques mois. Vous ne vous attendez pas à ce que je vous dirai. Je suis original ; je ne fais rien comme le commun des hommes. Vous trouverez mon petit voyage piquant, mais très -piquant, je vous en réponds. Je vous conterai cela, je vous conterai cela.
(Il sort par le côté des cases des nègres. )