‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 290 sur 441 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

MADAME DERNETTI.

Je souffre aussi, mademoiselle. Croyez- vous que je vous aie entendue de sang- froid?... Mais enfin, que pouvez -vous raisonnablement attendre de moi? dois -je me punir d'une faute, qui m'est tout^ à-fait étrangère ? D'ailleurs , dépend-il de moi de ramener à vous un homme ( adoucissant le ton ; ) qui paraît vous avoir oubliée, qui m'aime, qui m'est cher, et avec qui je ne romprai pas parce que vous avez à vous en plaindre?

CLAUDINE

Ainsi donc, personne ne répond au cri de ma douleur! Les cœurs se ferment, me rejettent... La mort, la mort voilà ce qui me reste!

MADAME DERNETTI.

Elle m'accuse maintenant. Tout ceci est bien extraordinaire. Dites -moi, fille injuste, que me reprochez-vous? vous traité-je avec dureté? douté-je de votre candeur ? soupçonné-je un récit dont vous seule attestez la vérité? je vous plains, je partage votre peine, je ferai tout pour l'adoucir; mais je ne puis renoncer à Belton; le sacrifice est au-dessus de mes forces; je ne vous le dois point; il serait absurde de l'exiger; il est même indécent de me presser ainsi. ( Claudine se trome mal , madame Dernetti court a elle, ) Mademoiselle... mademoiselle — et personne pour la secourir! Ma bonne amie, reprenez vos sens^ revenez à vous.... je n'ai pas voulu vous affliger davantage. S'il m'est échappé quelque chose... {Elle cherche dans ses poches,^ Et je n'ai pas mon flacon... Au

Iii6 CLAUDINE, contraire, je dois l'avoir... ÇElle cherche encore. ) Et non, je ne l'ai pas... En honneur, je ne sais plus, à mon tour, ce que je fais, ni ce que je dis. {^E lie appelle. ) Honorine ! Honorine !

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