ACTE 1, SCÈNE I
HERCIDE.
Pendant plusieurs jours, je réitère mes instances... Mon langage , vrai comme mon cœur , brûlant comme mon amour, obtient enfin un sourire d'Atalide. Elle m'abandonne sa main, Roxane m'embrasse , et je crois toucher à la suprême félicité... Tout à coup, un bruit confus se fait entendre... je sors inquiet, troublé... c'est une horde de Tartares.... On nous entoure, on nous presse; on enlève Atalide, que je ne pouvais défendre. Egaré, hors de moi, je suis la trace des ravisseurs; j'arrive avec eux à Damas. Atalide, ma belle, ma sensible Atalide est renfermée dans le sérail du hacha. Je veux la retrouver ou mourir. J'attends la nuit, je brave tout, et je saute les murailles des jardins. Je vais , je viens, je retourne, je cherche Atalide; des eunuques me découvrent... les poignards brillent dans les ténèbres. Je fuis, je m'éloigne, et je me retrouve dans les rues de Damas. J'entre dans un caravansérail, je change mes habits contre ces guenilles, et je me dispose à sortir de la ville : l'alarme s'était répandue dans le sérail, et on examinait soigneusement ceux qui se présentaient aux portes de Damas. Je retourne sur mes pas, incertain de ce que je dois faire. Morad ouvre sa boutique. Je lui propose cinquante sequins pour m'apprendre son métier; il me prend au mot, et je suis ici à l'abri des recherches des officiers du sérail ; j'habite sous le même ciel, je respire l'air que respire Atahde... Je suis à portée de tout tenter pour la rendre à l'amour. Atalide!... Atalide!