SCÈNE PREMIÈRE
NADIR, ALI, superbement vêtus.
JYADIR.
Il est temps , cher Ali , de reconnaître ton zèle et tes services. Ta fortune , ma faveur , ont paru suffire à tes désirs : je crois te devoir une récompense plus douce, plus flatteuse, ma plus intime confiance. Je vais te dévoiler mon ame tout entière : j'éprouve le besoin d'épancher mon cœur dans le sein de l'amitié.
ALI
Je ne peux répondre à tant de bontés que par le plus absolu dévouement , par la plus respectueuse et la plus vive affection. Parlez, seigneur.
JYADIR.
Mon ami , l'homme qui voit les grandeurs dans l'éloignement, n'en aperçoit que les charmes : c'est lorsqu'il y est parvenu qu'il en découvre les épines. Oui, j'en ai fait la triste expérience. Le bonheur fuit à l'aspect des palais ; c'est sous le chaume qu'il se cache.