ACTE II, SCÈNE III. 5oi
AÏALIDE.
Votre passion vous égare.
Vous en justifierez l'excès.
Je dois vous en garantir.
NADIR, lui présentant sa main.
C'est trop me résister; venez, suivez mes pas.
ATALIDE
Je ne puis... non, jamais... jamais.
IfADIR. /
Vous refusez , vous rejetez mes dons !
ATALIDE
Je les refuse , et sans retour.
IN^ADIR.
Sans retour, dites-vous! Ah! ce seul mot m'éclaire. [^Avec une sorte de fureur.^ Cet objet dont je t'ai séparée, sans lequel tu ne peux vivre, que tu cherches, que tu appelles en vain... Femme perfide , tu m'as trompé. Ce n'est pas sur ta mère que tu versais, des larmes.
A TALIDE.
Hé bien, vous le voulez, je vous dirai l'affreuse vérité. Je vous respecte, je vous estime, et je serais à vous si j'étais encore à moi. Un autre vous a prévenu , un autre a mes plus tendres vœux , et dussiezvous m'accabler du poids de votre colère, j'en fais hautement l'aveu : jamais son image chérie ne sortira de mon cœur.
5o:i LA LANTERNE MAGIQUE.
NADIR
Je l'en arracherai. Mon amour dédaigné se convertit en haine. Ce n'est plus un amant, un époux qui vous parle; c'est un maître outragé, jaloux, qui ne connaîtra que ses fureurs. L'effet en sera terrible , et c'est vous qui l'aurez voulu. (// remonte la scène ^ et arrête devant les noirs.) Cet homme qui a pénétré dans les jardins, qui a échappé à votre vigilance, est peut-être le rival heureux qui me ferme son cœur. Il ne renoncera pas au trésor qu'il possède; sans doute il reviendra. Qu'on veille sans relâche , qu'on le saisisse , qu'on le traîne devant moi.
( Il sort. )
ATALIDE
Il est resté dans nos déserts; il soulage, il console ma déplorable mère; je n'ai à craindre que pour moi. Eloignons-nous de cette foule importune , et dérobons, à tous les yeux, et mes pleurs et mon désespoir.