‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 340 sur 441 · ACTE 11, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE

JY A. D I R , descendant la scène.

Hé bien ! êtes-vous satisfaite ? vous reste-t-il encore quelque chose à désirer?

ATA L IDE

Avec quelle grandeur vous vpus vengez de moi ! avec quelle profusion vous répandez vos bienfaits!

NADIR, avec le ton de la plus extrême tendresse.

Dis un mot, un seul mot de consolation et d'espoir , et je n'y mettrai plus de bornes. Je tombe à tes pieds ; j'y demande , j'y attends le prix de ma tendresse. Si ton cœur est fermé encore à ce sentiment délicieux qui fait le charme de la vie , laisse-moi du moins entrevoir le moment où il y pénétrera; permets-moi de te créer enfin une seconde existence. Parle , réponds , mon A talide ; ton maître suppliant t'invite à prononcer sur son sort.

( Il lui prend la main. ) AT ALIDE, à part.

Il a le cœur de mon amant... Je ne sais que lui répondre.

NADIR

ïu te tais, tu détournes les yeux, tu retires ta main... Ingrate! que t'ai-je fait que de te trop aimer ? comment me suis-je attiré ta haine ?

A TALIDE, vivement.

Moi, VOUS haïr! [ Avec effusion.^ Vous ne le croyez pas.

NADIR, se levant ivre de joie.

Tu ne me hais point! tu ne me hais point!... Tu l'as dit, et je t'en crois... Ah! par grâce, dis-le moi ,

5oo LA LANTERNE MAGIQUE, redis-le moi encore... répète-moi que tu ne me hais point.

ATALI DE.

Ce sentiment pénible me fut toujours étranger, et Nadir ne saurait l'inspirer à personne. Je me plais au contraire à lui prodiguer ce que la plus active amitié a de charmes et de douceurs.

C'en est assez. Ton amant satisfait, heureux, ivre de joie, ne balance plus à t'élever jusqu'à lui.

ATALIDE, avec effroi.

Quel mot avez-vous prononcé ?

Officiers , eunuques , femmes du sérail , rassemblezvous à ma voix. (Ze théâtre change et représente un superbe jardin ou sont rangés les odalisques ^ les eunuques, etc.) C'est désormais Atalide qui va com^ mander ici. Qu'on s'empresse de lui plaire , qu'on prévienne ses désirs, qu'on cède à ses moindres volontés. (On se prosterne datant Atalide}) Ali, volez à la mosquée , que l'on pare l'autel , que l'encens fume, que l'hymen allume son flambeau : l'heureux Nadir va jurer à son Atalide un éternel amour.

( Ali sort )

ATALIDE

Non, seigneur, il ne se dégradera point; il n'unira pas son sort à celui d'une esclave...

NADIR

Oubliez l'injustice de la fortune. Elle vous devait un trône, un temple, des autels.

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