‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 347 sur 441 · BALLET · texte numérisé non relu

BALLET

(Les hommes et les femmes qui ne dansent pas, se rangent derrière Morad et forment une espèce de cour. Parmi les femmes se glissent , sans être aperçues du public , des vieilles , exactement vêtues et voilées comme les autres. Les danseuses tiennent des guirlandes de fleurs , dont elles forment , avec leurs danseurs , différentes figures. Elles viennent ensuite en décorer, ou plutôt en charger grotesquement Morad. )

MORAD, avec emphase.

Je suis enchanté des marques de considération dont vous me comblez. Je regrette seulement de n'avoir pas vu ces odalisques dont les attraits égalent sans doute les talens.

A COMA T

Vous les verrez ; vous ferez mieux. 11 y a longtemps sans doute que vous êtes guéri de votre amour pour Pirrha.

MORAD.

Je ne me souviens pas même de l'avoir jamais aimée.

ACOMAT

Le bâcha, qui n'a rien d'un turc, vous accorde

5io LA LANTERNE MAGIQUE.

celle de ces femmes qui sera assez heureuse pour

vous plaire. Levez ces voiles et fixez votre choix.

(Les eunuques apportent des carreaux. Les femmes s'assoient sur les deux côtés du théâtre , les vieilles les premières vers l'avant-scène. )

MORAD.

Le hacha me rend des honneurs, m'accorde une grande place , et me prête sa femme ! quel hacha que ce hacha-là! (^Rê^^ant.) Cependant, accepter... Pourquoi pas? Non..., si fait. La tentation est forte, et ma foi, j'y succomberai. Mahomet, Soliman, Sélim , ont sacrifié à la heauté; Morad peut lui consacrer ses loisirs. Procédons à l'examen. ( H le^^e un voile y on rit. ) C'est une maman. Je les respecte infîniment; mais, voilà tout. (// levé un second voile.) Celle-ci est encore plus respectahle. Voyons ailleurs. (// levé un troisième voile, on rit.) Oh! Mahomet! la trisaïeule de la génération vivante ! Passons de l'autre côté. (// traverse le tliéâtre, et levé un voile. On rit. ) Que diable ! le hacha a donc fait une collection d'antiques! je ne m'étonne plus de sa générosité. ( Les quatre vieilles caressent et lutinent Morad. ) Laissez-moi, laissez-moi, laissez-moi donc... Aïe! aïe! elles pincent, elles égratignent, elles sont enragées, ces femmes-là. (^11 leur jette les guirlandes dont il est chargé. Les vieilles s'embarrassent les jambes., et sortent en trébuchant. ) ( ^ Acomat. ) Ecoutez , seigneur officier. ( Acomat s'approche. ) Toutes réflexions faites , je ne crois pas devoir imiter ces Asiatiques efféminés, qui passent leur vie dans les langueurs.

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