SCÈNE VIII
ACOMAT, HUSSEIN, MORAD, ooiVLisQUEs , EuiYUQUEs. Suite.
M O R A. D , avec emphase.
Et moi, que l'oisiveté glace, qui brûle d'illustrer ma race , il est temps qu'on me satisfasse , et qu'on m'accorde aussi la grâce de nommer l'importante place désignée à ma noble audace.
ACOMAT
Avant tout, je dois de ces lieux étaler la pompe à vos yeux. C'est par des sons délicieux , par des mouvemens gracieux, par les transports les plus joyeux, que nous allons, jeunes et vieux, vous préparer, de notre mieux , aux travaux les plus glorieux,
MORAD.
J'aime la danse et la musique, et je me prête sans réplique au plan vraiment honorifique , qu'aussi poliment on m'explique.
ACOMAT, à part, en riant.
Je n'y tiens plus, il est unique. [A une femme du sérail.) Le grand Morad est amateur...
MO RAD
Je suis mieux, je suis connaisseur.
5o8 LA LANTERNE MAGIQUE.
Venez, objet plein de candeur, venez par votre art enchanteur , charmer son oreille et son cœur.
( Deux noirs approchent une harpe. ) MORAD, après le morceau.
C'est bien , c'est très-bien.
ACOMAT
Trouvez-vous cela?,..
MOR AD
Je suis satisfait , très-satisfait , complètement satisfait.
ACOMAT
Si vous le permettez, j'unirai ma voix au son de son instrument.
M O R A D , d'un ton de protection.
Oui , mon ami , vous m'obligerez.
ACOMAT
AIR. ( Avec accompagnement de harpe.)
Le papillon léger , volage , N'a pour guide que les plaisirs.
Une fleur reçoit son hommage , Une autre s'ouvre à ses désirs.
Le tourtereau toujours fidèle, Tristement chante son ennui, Et sa constante tourterelle Chante aussi tristement que lui.
Loin de nous la mélancolie.
Qui veut couler les plus beaux jours,
N'est fidèle qu'à la folie ,
Et sans cesse change d'amours.