ACTE II, SCÈNE IX. 5i
MORAD.
C'est avec cela qu'on m'endormait quand j'étais petit.
ACOMAT, lisant,
II faut renoncer au vin.
MORAD.
Au vin!
ACOMAT, appuyant.
Au vin.
MORAD.
A peine ?...
ACOMAT, lisant.
D'être empalé...
Quel diable dfe refrain avez-vous choisi là ? Empalé ! empalé! je le serais indubitablement. Passons à un autre emploi. i
ACOMAT, lisant.
Celui de chef des eunuques du sérail sera vacant demain. Morad,) Superbe place.
MORAD.
Que faut-il savoir pour l'exercer dignement?
ACOMAT
Rien.
MORAD.
J'accepte.
ACOMAT
Mais, il faut se soumettre préliminairement... Vous m'entendez ?
5i4 LA LANTERNE MAGIQUE.
MORAD, avec effroi.
Passez, passez.
ACOMAT
Ma foi, je suis au bout.
MORAD.
Quoi ! il n'y a plus rien sur votre pancarte ? vous en êtes bien sûr?
ACOMAT, cherchant son parchemin.
Ah! si fait, si fait. Le chef des cuisines du hacha...
MORAD.
Le chef des cuisines !
ACOMAT
A besoin d'un aide intelligent...
MORAD., s'écriant.
Moi, aide de cuisine! Que deviendraient les des- . tins de l'empire?
ACOMAT, souriant.
Ils ne seront pas compromis. Comme le seigneur Morad annonce les plus étonnantes dispositions, il pourra, en tournant et retournant ses casserolles...
MORAD.
Des casserolles ! quelle horreur !
ACOMAT
Il pourra s'instruire dans la jurisprudence, la lactique, le droit public, et en peu de temps...
MORAD, les poings sur les côtés.
Je crois m'apercevoir que votre seigneurie se moque de la mienne.
ACOMAT, avec ironie.
Voyez quel tact!