SCÈNE XIV
ATALIDE, NADIR, HERCIDE, ALI, PIRRHA, ACOMAT, HUSSEIN, MORAD, suite.
MORAD, forçant l'entrée.
Je veux lui parler; je lui parlerai, te dis- je. • XL 35
ACOMAT
Le bâcha n'a pas le temps de vous écouter.
M OR AD, écartant Acomat.
Il le prendra , morbleu ! il s'agit d'affaires d'état. ' S' approchant.^ Mon cher hacha, mon digne ami, vous m'avez fait installer, et aussitôt j'ai convoqué tous les plumassiers de ma dépendance. Je leur ai notifié mon projet de réformer les lois; ils m'ont recommandé la forme. Je leur ai déclaré que je n'entendais pas qu'un procès durât plus de huit jours; ils m'ont objecté la forme. Je leur ai défendu de recevoir de l'argent des plaideurs ; ils m'ont encore cité la forme. Fatigué de tant de formes, j'ai répliqué que si j'avais les miennes, je les leur jetterais à la tête. Mes assesseurs et l'auditoire m'ont insolemment ri au nez. Je me suis emporté ; ils ont ri plus fort. J'ai poché des yeux; j'ai cassé des dents. On a fait pleuvoir sur moi les registres , les écritoires , et tous les meubles de ma salle du conseil. Je me suis sauvé, on m'a poursuivi, et je nie réfugie ici , à travers les gourmades et les huées du peuple. Les hommes ne méritent pas le bien qu'on veut leur faire; ils soiit indignes d'être gouvernés par Morad, et je retourne philosopher chez moi.
HERCIDE.
Voilà la clef.
MORAD.
Dans mon désespoir, je suis capable.., de me raccommoder sincèrement avec ma femme.