‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 388 sur 441 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

MADAME DERVAL, avec chaleur.

Et il écrit... il écrit...

LISE

Comme un ange, madame... (^Finement.) Il n'aurait aucun de ces avantages, que vous l'aimeriez de même.

MADAME DERVAL, hésitant. /

Oui... {^Gaîment.^ Mais, comme tu l'observes fort bien, ces agrémens...

LISE

N'ont jamais déparé personne.

MADAME DERVAL

Enfin, nous allons le voir.

LISE

Moi , je m'en fais une fête.

MADAME DERVAL

J'étudierai son caractère.

LISE

Il n'aura pas d'intérêt à vous tromper.

MADAME DERVAL

Je le voudrais franc, délicat, enjoué...

Tendre, surtout.

MADAME DERVAL

Tu achèves ma pensée. S'il allait m'aimer...

LISE

Sans savoir qui vous êtes.

MADAME DERVAL

M'être infidèle

LISE

Par excès d'amour.

MADAME DERVAL

Cela serait charmant.

LISE

Divin.

MADAME DERVAL

C'est bien alors que je compterais sur son cœur.

LISE

Quel plaisir pour une femme , de tenir tout d'ellemême, de ne rien devoir aux bienséances, aux procédés. Si jamais je me fixe, je veux un homme qui ne connaisse rien de tout cela.

MADAME DERVAL, jouant la frayeur.

Ah! mon Dieu!...

LISE

Qu'est-ce?

MADAME DERVAL

Des chevaux ! des voitures !

LISE

Avez-vous cru qu'il arriverait à pied?

( A travers les portes du fond , on volt des officiers traverser le théâtre, )

MADAME DERVAL

Des officiers!

LISE, impatiente.

Hé, attendez-vous un prélat?

MADAME DERVAL

Mais, je suis dans un désordre effroyable.

LISE

Désordre bien avantageux à seize ans.

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