SCÈNE XVIII
DERVAL
Nous n'avons que le maréchal-des-camps d'Alleville...
LISE
C'est son épouse que vous avez eu l'honneur d'entretenir.
DERVAL
Madame d'Alleville?
Madame d'Alleville.
DERVAL
Vous êtes bien sûre de cela ?
LISE
Vous verrez que je ne connais pas ma maîtresse.
DERVAL
Friponne ?
LISE
Monsieur.
DERVAL
D'Alleville n'est pas marié.
LISE
Comment , il n'est pas marié !
DERVAL
Vous rougissez ? il y a de l'intrigue là-dessous.
LISE
Pour qui nous prenez-vous ?
DERVAL
Votre maîtresse n'ira point à Tournai : d'Alleville n'a besoin que de son chirurgien. Je me charge de l'épouse prétendue, je serai son consolateur, (^s'as-
i88 LES RIVAUX D'EUX-MÊMES.
seyant et lui prenant les mains ) et si par liasai d
vous aviez aussi un mari blessé...
LISE
Finissez donc, monsieur, vous chiffonnez mon ouvrage.
DERVAL
(Tournant et retouT-nant la broderie.) Le joli point! à qui est-il destiné ?
LISE
Mais, vous êtes d'une pétulance...
DERVAL, prenant l'ouvrage.
Comment donc, des vers! ali! vous faites des patrons avec des billets doux.
LISE
Vous m'impatientez, au moins. Je vais prendre aussi mon ton imposant.
DERVAL, folâtrant.
Oh! par exemple, vous, vous n'y gagnerez rien.
LISE
L'impertinent !
DERVAL, lisant.
Un époux inconnu m'engage ; Mon cœur, pressé d'aimer, vole au-devant du sien...
i^Se leçant vii^ement. ) Ah! mon Dieu... mon Dieu!...
LISE, toujours assise.
Qu'a-t-il donc ?
DERVAL, hors de lui.
Ce n'est pas là votre écriture.^