‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 408 sur 441 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

MADAME DERVAL, avec complaisance.

Un peu de son amabilité...

Même quelques-uns de ses traits, une partie de ses grâces...

MADAME DERVAL, avec abandon.

Oui, je n'y perdrais rien.

LISE

Ni lui non plus. Enfin, on le prendra tel qu'il est.

MADAME DERVAL, avec un soupir.

Il le faut bien...

LISE

C'est un mari. Voilà pourtant où nous réduisent des parens qui font tout à leur tête. Marier des enfans qui ne se connaissent point, qui peuvent ne pas se convenir.

MADAME DERVAL

Au fond , cela n'est pas prudent.

LISE

Empêcher une jeune personne de disposer ellemême de son cœur.

MADAME DERVAL

Oh! par exemple, ceci est injuste.

LISE

Injuste ? tyrannique, atroce, révoltant. Je suis persuadée que monsieur Déricourt a été marié comme vous. Il n'a pas l'air fort épris de sa femme, et si vous étiez libres l'un et l'autre...

MADAME DERVAL, d'un ton caressant.

Oh! ne suppose rien, je t'en prie.

LISE

Supposition bien innocente.

MADAME DERVAL

Mais, qui n'est pas sans danger.

LISE, d'un air de compassion.

A la vérité, je sens bien quil faut rompre cette liaison.

MADAME DERVAL

Et quitter ce jeune homme avec l'idée défavorable qu'il a dû concevoir de moi!

LISE

Il serait dur de la lui laisser.

MADAME DERVAL

Je ne peux m'y résoudre. Je veux le détromper. Je le dois à ma réputation, à ma tranquillité.

LISE

A monsieur Déricourt lui-même. Il sera enchanté d'apprendre que vous avez toujours des droits à son respect. (^Fausse sortie. ) Je le cherche, je le trouve, je l'amène.

MADAME DERVAL

Oui, va.... Non, non, demeure. Plus d'entretien particulier; non, Lise, non. Son ami et lui rentreront pour dîner, je m'expliquerai de manière à mettre fin à tout ceci.

LISE

Voilà ces messieurs.

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