ACTE III, SCÈNE IIL
TÉLÉMAQUE
C'est moi que vous daignez choisir !
TOUS
Vif, vif Téléniaque.
TÉLÉMAQUE
Je ne le dissimule pas, je suis flatté de cet honneur, et je saurai le mériter. Vous jurez donc de m'obéir ?
TOUS
Oui, jusqu'à mouri.
TÉLÉMAQUE
Je reçois vos sermens, recevez aussi les miens. Je jure de combattre, de vaincre et de mourir pour vous; de vous donner l'exemple de la fermeté, de la constance et de la résignation; de m'oublier moimême pour ne m'occuper que de mes frères, et d'obéir à mon tour quand ils me l'ordonneront.
TOUS
Vif, vif Télémaque.
s CI PION.
Môh, maldition sus blancs. Yo va souffri bourreaux là, yo va mouri.
TOUS
Oui , nous vlé vengeance. Vengeance !
TÉLÉMAQUE
Ah ! je respire enfin. Le voilà donc ce jour de la justice si long-temps attendu î elle sera terrible : les blancs n'en pourront accuser qu'eux. Allez goûter un
92 LE BLANC ET LE NOIR, moment de repos. Le jour commence à paraître : bientôt on vous appellera au travail. Rassemblez-vous selon votre coutume, et laissez écouler la journée. Vers le milieu de la nuit , soyez à la porte du colon , je vous introduirai. Allez, préparez-vous à frapper.
1 Z A. M É , avec effroi.
Bon ami , et son fils ?
TÉLÉMAQTJE, vivement.
Beauval ! mon ami , le votre ! il vivra pour le bonheur des hommes. Il vivra, et vous le permettrez. Vous êtes sensibles aussi à la reconnaissance.
TOUS
Oui , paddon , paddon pou li.
SCIPIOW.
Li mérité couleur à nous : mais, pou tous aut là sans paddon.
TOUS
Sans paddon.
TÉ^LÉM AQU E.
Ecrasons nos tyrans, sacrifions-les à notre sûreté. Nous serons généreux , quand nous cesserons de les craindre. Allez, mes amis, soyez prudens et discrets, et que l'éclair ne parte qu'avec la foudre.
(Les nègres rentrent dans leurs cases.)